Ville Montreuil Bellay - @Maryanick Gaultier, contributeur Communes.com

Montreuil-Bellay, ville close de l’Anjou

Si vous partez à la découverte des châteaux de la Loire, vous avez certainement repris sur votre liste Chambord, Chenonceau, Azay-le-Rideau ou encore Ussé, Blois et Cheverny. Il existe cependant de nombreux châteaux moins connus, bâtis par la noblesse dans cette région française où la douceur de vivre est élevée au rang d’art.
Aujourd’hui, nous vous proposons la visite de la ville close de Montreuil-Bellay et de son château construit au 11ème siècle par le duc d’Anjou, Foulques Nerra, à une quinzaine de kilomètres de Saumur.

Un peu d’histoire

La préhistoire

L’Anjou est une ancienne province française correspondant à peu près à l’actuel département du Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire.
Cette région est occupée dès la préhistoire comme en témoignent des gisements datés des Paléolithiques inférieur et moyen retrouvés notamment sur les bords de la Moine, une rivière prenant sa source à Mauléon dans les Deux Sèvres et traversant le Maine-et-Loire ainsi que la Loire-Atlantique avant de rejoindre la Sèvre nantaise.
L’occupation de l’Anjou s’intensifie durant le Néolithique et c’est à cette époque qu’apparaît le mégalithisme, un phénomène qui touche également l’ouest du pays, principalement la Bretagne.
On dénombre en effet plusieurs centaines de menhirs, cairns, allées couvertes et dolmens disséminés en Anjou, encore visibles ou simplement mentionnés dans des documents.
A Montreuil-Bellay, on peut encore apercevoir un menhir appelé « Pierre de Lenay ».
Au cours du 1er millénaire avant JC, des tribus d’origine celtique venues de l’Europe de l’Est et appartenant aux civilisations de Hallstatt et de La Tène migrent vers l’ouest et s’installent dans la majeure partie de la France actuelle. C’est alors que les Andécaves s’installent sur les rives de la Loire, approximativement sur le territoire qui formera l’Anjou. Ils construisent au moins deux oppida, à Chênehutte-les-Tuffeaux et au Fief-Sauvin. Il est également possible que le site de l’actuel château d’Angers était déjà occupé à cette époque.

L’Antiquité

Durant les guerres des Gaules, les Andécaves menés par Dumnacos participent à la révolte des Gaulois contre les légions de Jules César mais doivent s’avouer vaincus en 52 avant JC, après la soumission de Vercingétorix.
La région profite alors de la période de prospérité appelée « Pax Romana » et est intégrée dans la province impériale de la Gaule Lyonnaise. La cité de Juliomagus (actuellement Angers) est fondée sur les bords de la Maine.
Lorsque l’Empire romain se fragilise à partir du 4ème siècle en raison des nombreux complots et guerres civiles qui minent l’autorité de l’empereur, les peuples germaniques qui avaient été jusque là tenus en respect par les légions cantonnées le long des frontières n’hésitent plus à franchir celles-ci et à effectuer des raids en Gaule.
Ces incursions qui ne sont à l’origine que des attaques éclairs effectuées dans l’intention de piller les cités gallo-romaines deviennent de plus en plus fréquentes ce qui permet à certaines tribus germaniques de s’installer. De plus, les Romains autorisent des Germains à s’implanter en Gaule et à intégrer leur armée en échange de la promesse de s’opposer à l’arrivée de leurs compatriotes. C’est la solution trouvée par Rome pour compenser le retrait de la plus grande partie de ses légions rappelées en Italie qui est alors au bord de la guerre civile.

Le Moyen-Âge

On assiste dès lors à une véritable prise de possession des territoires romains par les peuplades germaniques fédérées de l’Empire romain dont les Francs, les Burgondes, les Wisigoths et Ostrogoths.
Au 5ème siècle, les Saxons établis en Bretagne (actuelle Angleterre) et menés par le chef Eadwacer (ou Adovacre) traversent la Manche et s’emparent d’une grande partie de l’ouest de la Gaule et de la Basse-Loire. Remontant la Maine, ils prennent Angers en 464.
Appelés en renfort par le comes romain Paul (ancêtre du comte), les Francs saliens de Childéric 1er, fondateur de la dynastie des Mérovingiens, contre-attaquent et délivrent Angers. L’alliance entre les Romains et Childéric est cependant sujette à caution et selon certaines sources, ce dernier aurait même tué Paul.
Toujours est-il que les Francs profitent de la situation pour s’installer durablement en Anjou et, en 486, le fils de Childéric, Clovis 1er s’empare du royaume de Syagrius, dernier bastion romain en Gaule. Le roi peut ensuite se consacrer à la conquête des terres des Wisigoths qu’il repousse jusqu’à la péninsule hispanique.
A la mort de Clovis, en 511, son vaste royaume est partagé entre ses fils et l’Anjou fait partie à l’Austrasie héritée par Thierry 1er (ou Théodoric) avant d’être intégrée à la Neustrie, un siècle plus tard.
Au 9ème siècle, le royaume franc est menacé par les invasions normandes. Les Vikings effectuent en effet de fréquents raids afin de piller les villes et les monastères. De leur côté, les Bretons tentent également de s’approprier les territoires jouxtant leur royaume. Afin de défendre ses possessions contre les envahisseurs, le roi de Francie occidentale Charles II le Chauve crée en 861 les deux «marches de Neustrie », à savoir la marche normande confiée au duc du Mans, futur Louis II dit le Bègue, et la marche bretonne placée sous le commandement de Robert le Fort, membre de la famille franque des Robertiens, qui reçoit ainsi le titre de marquis de Neustrie.
La marche de Bretagne qui comprend l’Anjou, la Touraine et le Maine continue cependant à être la cible à la fois des Bretons et des Normands. Robert le Fort devenu comte d’Anjou, d’Auxerre et de Nevers est tué lors de la bataille de Brissarthe contre les Vikings en 866
Son fils Eudes étant mineur, le titre de marquis est confié à Hugues l’Abbé, cousin du roi et probablement beau-frère de Robert le Fort. La ville d’Angers ainsi qu’une partie de l’Anjou sont accordées à Ingelger, petit-fils du duc de Bourgogne, pour avoir défendu l’honneur de la comtesse de Gastinois accusée d’avoir tué son époux. Eudes doit se contenter du titre de comte de Paris obtenu en 882.
Hugues décède en 886 alors qu’il participe avec Eudes à la défense de Paris contre les Normands. Ce dernier qui s’est distingué par sa bravoure récupère ses titres.
Lorsque le roi Charles III le Gros négocie avec les Vikings la fin du siège de la ville, il est déposé par la noblesse franque humiliée par un traité désavantageux et c’est Eudes qui est choisi pour le remplacer sur le trône de la Francie occidentale en février 888 tandis qu’Arnulf de Carinthie devient roi de Francie orientale, futur État allemand.

Les comtes d’Anjou

Entre-temps, Ingelger qui a lui aussi combattu aux côtés d’Eudes est devenu comte d’ « Anjou de Deça-Maine », Eudes portant le titre de comte d’ « Anjou d’Outre-Maine ».
Or, Ingelger a épousé la fille du comte Foulque, Aelendis, et de cette union est né un fils en 870. C’est celui-ci qui devient le premier comte d’Anjou en 930 sous le nom de Foulques 1er dit le Roux.
A partir de cette date, les comtes d’Anjou issus de la lignée des Ingelgériens ne cessent de prendre de l’importance.
Leur histoire est bien connue grâce à un ouvrage écrit en latin au 12ème siècle et intitulé « Chronique des exploits des comtes de l’Anjou ».

Foulques Nerra

Foulques III dit Nerra devient comte d’Anjou à la mort de son père Geoffroy 1er Grisegonelle, tué lors du siège du château de Marçon, en 987.
De tempérament plus que fougueux, il se fait connaître pour ses actes souvent cruels. Il aurait notamment fait brûler vive sa femme, Élisabeth de Vendôme, qu’il dit infidèle. En réalité, il lui reproche surtout de ne pas lui avoir donné d’héritier mâle et sa mort lui permet d’épouser Hildegarde de Haute-Lorraine de Sundgau.
Ses crimes commis parfois par vengeance et parfois pour servir ses projets n’ont d’égaux que ses faits d’armes. Guerrier redoutable et proche du roi Hugues Capet, il agrandit ses possessions en s’emparant notamment du Maine, de la Touraine et des Mauges. Il installe ses vassaux les plus fidèles dans des forteresses ce qui lui permet de profiter d’un système de défense efficace. Il confie la gestion et la protection du comté d’Anjou à son chef de guerre Lisois d’Amboise qui devient ainsi le premier sénéchal d’Anjou en 1016.
Grand bâtisseur, il construit une bonne centaine de châteaux et de donjons sur ses terres qui s’étendent dorénavant d’Angers à Vendôme.
Paradoxalement, cet homme qui se montre sans pitié envers ses ennemis est également d’une grande piété. Il se rend trois fois à Jérusalem en pèlerinage et se fait flageller devant le tombeau du Christ en signe de repentir pour ses mauvaises actions. Il multiplie également les constructions d’édifices religieux.
C’est donc au comte Foulques Nerra autant craint que haï par ses sujets que nous devons le premier donjon de Montreuil-Bellay bâti en 1026 sur un oppidum romain, à proximité d’un petit monastère et d’un gué permettant de franchir le Thouet.
Comme il en a l’habitude, il confie cet édifice à un vassal, Giraud Berlay (ou Berlai) qui donnera par la suite son nom légèrement modifié à la commune.
La bourgade devient une importante cité et obtient l’autorisation d’édifier des remparts ce qui la place parmi les trente-deux villes closes d’Anjou. Elle profite non seulement d’un système défensif efficace mais également du droit de prélever des taxes sur l’importation de marchandises.
Lorsque Hugues Capet décède en 996, son fils Robert le Pieux récupère plusieurs domaines appartenant à Foulques Nerra dont les villes de Tours et de Langeais ce qui lui vaut l’inimitié du comte qui se venge en s’élevant contre son mariage avec Berthe de Bourgogne, veuve d’Eudes de Blois.
Pour ce faire, Foulques s’appuie sur le droit canon qui interdit à des cousins au troisième degré de s’unir, d’autant plus que le roi est le parrain de l’un des enfants de Berthe. Le mariage se fait cependant et le couple est menacé d’excommunication. Après plusieurs années sans enfant viable, le roi se sépare de Berthe et épouse, en troisièmes noces, Constance d’Arles.
Ces événements provoquent une rupture entre le roi franc et le comte d’Anjou ce qui affaiblit les deux parties et profite aux Normands dont le duché prend une importance accrue au cours du 11ème siècle. Il faut attendre plusieurs décennies pour que les Angevins et les Francs se rapprochent à nouveau mais cette alliance ne permet pas de restreindre la puissance du duché de Normandie et la naissance de l’empire Plantagenêt.
En Anjou, la situation se dégrade suite à des querelles de succession lorsque le fils de Foulques Nerra, Geoffroi II Martel décède sans héritier en 1060. Ses possessions sont partagées entre ses neveux, Geoffroi III le Barbu et Foulques IV le Réchin qui se disputent les terres.
Il s’ensuit une période troublée pour le comté sur fond de guerres entre les deux frères, d’alliances et de révoltes des vassaux.
Foulques fait emprisonner son frère aîné qui décède après 20 ans de réclusion, en 1068. Il devient alors officiellement comte d’Anjou.
C’est son fils, Foulques V le Jeune qui va redorer le blason de la maison d’Anjou en réprimant les mouvements de révolte et en récupérant ainsi plusieurs seigneuries dont Montreuil-Bellay, en 1124.
De plus, son mariage avec la fille du comte du Maine, Erembourg, lui permet de rattacher le Maine à l’Anjou.
Il joue également un rôle politique important, intervenant notamment dans le conflit opposant le roi de France, Louis VI le Gros et le roi d’Angleterre, Henri 1er Beauclerc, fils de Guillaume-le-Conquérant. Le fils de Henri 1er, Guillaume Adelin épouse en effet sa fille Mathilde d’Anjou en 1119.
Cependant, lorsque le jeune époux décède durant le naufrage de la Blanche-Nef, le roi d’Angleterre refuse de restituer la dot de sa veuve, c’est à dire le Maine.
La paix précaire et les alliances sont bouleversées mais lorsque Henri 1er propose d’unir sa fille Mathilde devenue héritière du trône à Geoffroy V d’Anjou, Foulques le Jeune accepte.
C’est ainsi que l’héritier du comté d’Anjou devient le fondateur de l’empire Plantagenêt qui, à son apogée, s’étendra de l’Écosse aux Pyrénées. C’est en effet le fils issu de son union avec Mathilde l’Emperesse qui deviendra à la fois roi d’Angleterre, comte d’Anjou et du Maine, duc de Normandie et duc d’Aquitaine sous le nom de Henri II.
Ne pouvant contrôler l’ensemble de ses possessions, celui-ci se fait représenter dans les différentes régions placées sous son autorité.
C’est pour cette raison que les sénéchaux d’Anjou prennent de plus en plus de pouvoir.

La France

Après le décès de Richard Coeur-de-Lion, en 1199, c’est son frère Jean-sans-Terre qui prend le pouvoir. Il n’a cependant pas la carrure de ses prédécesseurs et perd une grande partie de ses alliés notamment en Anjou mais également sur le sol anglais. Il ne peut s’opposer au roi de France Philippe-Auguste qui décide de reprendre les possessions anglaises situées sur le continent. La Normandie redevient française en 1204 suivie du Maine et de l’Anjou.
La ville de Montreuil-Bellay se montre particulièrement favorable au souverain français qui installe sa cour dans le château en 1208. Son fils et successeur, Louis VIII le Lion fait de même en 1224. A cette époque, la résidence du roi n’est en effet pas fixe, on parle de « cour itinérante » et il n’est donc pas rare de voir la famille royale et les courtisans s’installer dans un château du royaume pour une période plus ou moins longue.
En 1226, l’Anjou est laissée en apanage au plus jeune fils de Louis VIII, Charles de France. Celui-ci prend le nom de Charles 1er d’Anjou et devient le fondateur de la seconde dynastie angevine.
Sa petite-fille, Marguerite apporte l’Anjou et le Maine en dot lors de son mariage avec Charles de Valois, frère de Philippe IV le Bel, en 1290. Lorsque le roi Charles IV le Bel décède sans héritier mâle, c’est le fils né de cette union qui monte sur le trône sous le nom de Philippe VI. Le Maine et l’Anjou sont dorénavant réunis à la France.
L’Anjou devient un duché en 1360 par volonté du roi Jean II le Bon et est cédé en apanage à son fils, Louis d’Anjou.

La Renaissance

Comme la plus grande partie de la France, l’Anjou vit une période sombre durant le 14ème siècle en raison des famines, des grandes épidémies et enfin de la Guerre de Cent Ans.
A la fin de ce conflit, la région agonise, les villes comme les abbayes ont été pillées tandis que les champs ne sont plus cultivés. Il faut toute l’habileté de René d’Anjou pour qu’elle renaisse de ses cendres vers le milieu du 15ème siècle.
Angers retrouve une position enviable et se développe considérablement tant sur le plan économique que culturel. C’est ainsi qu’on voit fleurir d’élégants châteaux bien loin des forteresses défensives médiévales.
A cette époque, le château de Montreuil-Bellay qui a pendant deux siècle appartenu à la maison Melun-Tancarville est passé entre les mains de la puissante famille normande d’Harcourt, faute de descendance directe.
Si les Melun-Tancarville ont perfectionné le système défensif du château, les d’Harcourt le modernisent et l’agrandissent. Plusieurs nouveaux bâtiments sortent de terre dont une très belle chapelle gothique transformée successivement en collégiale et en église paroissiale.
Après avoir connu un âge d’or alors que la ville fait partie de la « Généralité de Tours » au 16ème siècle, Montreuil-Bellay traverse une période de crise économique au 18ème siècle, ne pouvant plus concurrencer les grandes villes sur le plan commercial.
Durant la Révolution, le château est transformé en prison pour les femmes monarchistes, un comble lorsqu’on sait que son propriétaire de l’époque, Jean-Bretagne-Charles de la Trémoille est lui-même un royaliste convaincu.
Après cette période difficile, le château de Montreuil-Bellay devient par mariage la propriété du Baron Alexandre Adrien de Grandmaison tandis que la ville sort de son isolement grâce à la mise en service de la ligne de chemin de fer reliant les Sables-d’Olonne à Tours, en 1866.
Durant la Première Guerre mondiale, Georges de Grandmaison qui est alors maire de la commune ouvre les portes de sa demeure afin d’y accueillir les soldats blessés au combat.

La visite

De passage ou en séjour dans le Maine-et-Loire, la visite de Montreuil-Bellay est incontournable même si son château est moins connu que les grandes demeures historiques des rois de France.
En se promenant dans la ville intra-muros de Montreuil-Bellay, le visiteur plonge au cœur du Moyen-Âge. L’excellent état de conservation de l’enceinte a en effet préservé le caractère médiéval de cette ville-close dont le tracé n’a que peu changé au fil des siècles.

Le château

Parmi les différents monuments à découvrir, le château est bien entendu le plus important.
Inscrit sur la liste des Monuments Historiques, le château est une propriété privée appartenant toujours aux Grandmaison et habitée en permanence mais ouverte au public.
On y découvre l’union harmonieuse d’une citadelle médiévale bâtie pour défendre les terres d’Anjou et d’un château Renaissance aux agréables proportions.
Profitez de la douceur du climat angevin pour visiter les jardins surplombant le Thouet ainsi que les remparts. Cette partie de la visite se fait librement et à votre rythme.
Il est temps ensuite de découvrir les intérieurs meublés du château en compagnie d’un guide.
Cette visite dure approximativement une heure et comprend la découverte des caves, des cuisines et des nombreux salons autrefois fréquentés par des membres de la cour du roi de France.
C’est également l’occasion de déguster les vins issus du vignoble du Château Montreuil-Bellay que vous pouvez également retrouver sur le site internet.

En pratique

Le château est ouvert au public de début avril à fin octobre :

  • en avril, mai, juin et septembre tous les jours sauf le mardi de 10hr30 à 12hr et de 14hr à 18hr
  • en juillet et août tous les jours de 10hr à 12hr et de 14hr à 18hr30
  • en octobre les week-ends de 10hr30 à 12hr et de 14hr à 17 hr30. Cependant, les jardins sont également accessibles les lundi, mercredi, jeudi et vendredi.

Il est également possible de réserver des visites de groupes pour minimum 25 personnes en dehors de ces périodes.

Château de Montreuil-Bellay
Place des Ormeaux
49260 Montreuil-Bellay
Tel : 02 41 52 33 06
Mail : contact@chateau-de-montreuil-bellay.fr

Le prieuré des Nobis

L’ancien prieuré bénédictin des Nobis fondé à la fin du 11ème siècle est aujourd’hui en ruines. On peut cependant encore apercevoir les vestiges du cloître et de l’église Saint-Pierre qui a servi d’église paroissiale avant d’être remplacée par la chapelle du château et totalement abandonnée après la Révolution. Ces anciens bâtiments jouxtent un édifice du 17ème siècle plus imposant.
L’ensemble a été inscrit comme Monument Historique en 1974.
Prenez le temps de découvrir ce site empreint de romantisme dans son écrin de verdure qui sert régulièrement à accueillir des événements culturels.

Prieuré des Nobis
Rue Georges Girouy
49260 Montreuil-Bellay

Le camp de concentration

Malheureusement, la commune de Montreuil-Bellay a été le témoin de la cruauté des hommes puisqu’elle a accueilli un camp de concentration durant la Seconde Guerre mondiale.
Ce camp destiné aux « individus sans domicile fixe, nomades et forains, présentant le type romani » est créé par les Allemands en juin 1940 avant d’être confié à la gendarmerie française sous le régime de Vichy.
En mémoire des 3.000 nomades et clochards internés en ce lieu, le site est classé Monument Historique depuis 2012.

La Pierre de Lenay

Le menhir « Pierre de Lenay » est situé dans une propriété privée de Montreuil-Bellay.
Cette pierre mesurant près de trois mètres de haut a été relevé et sert aujourd’hui de monument commémoratif en souvenir des victimes de la catastrophe ferroviaire qui a eu lieu le 23 novembre 1911.
Ce jour-là, un train circulant sur la ligne de Loudun à Angers-Maître-Ecole emprunte le pont enjambant le Thouet, une rivière dont les eaux n’ont pas cessé d’enfler en raison d’une période de fortes pluies.

La situation des cours d’eau est jugée préoccupante depuis plusieurs jours et le niveau du Thouet bat son record historique. Dans la seule journée du 22 novembre, les eaux sont montées de 120 centimètres et elle viennent désormais lécher les travées du pont.
Des mesures sont prises et les trains de marchandises ne sont plus autorisés à traverser le pont. En revanche, les convois transportant des passagers peuvent circuler pour autant qu’une procédure de pilotage assurée par un brigadier soit mise en place.
Il est 7hr15 du matin lorsque les deux locomotives, les cinq wagons de voyageurs ainsi que les quatre fourgons formant le train parti d’Angers s’engage sur le pont.

L’autre rive est presque atteinte lorsque le drame se produit. La pile centrale fragilisée par la crue exceptionnelle de la rivière cède sous le poids et entraîne avec elle les deux tabliers qui se renversent dans l’eau.
Les locomotives, deux des fourgons ainsi que trois voitures de passagers chutent dans l’eau et sont emportés par le courant sur plusieurs centaines de mètres. Les quatre derniers wagons, deux fourgons et deux wagons de seconde classe, échappent à la catastrophe, l’attelage les reliant au convoi s’étant brisé.

Les secours alertés par le chef de train arrivent rapidement et parviennent à sortir de l’eau les quelques passagers qui ont réussi à s’extirper des voitures. Les voyageurs bloqués sur l’une des voitures ne sont secourus que vers le milieu de l’après-midi par les hommes du 6ème régiment du génie caserné à Angers.

Malgré l’important dispositif déployé pour sauver les malheureux voyageurs, le bilan est lourd. Quatorze personnes dont sept cheminots ont perdu la vie. En raison des crues et de la difficulté d’atteindre une voiture coincée sous les débris du pont, il fallut plusieurs mois pour établir ce bilan. Certains corps ont été retrouvés à plusieurs kilomètres, des semaines après l’accident.
Il s’en est suivi une bataille juridique afin de déterminer les causes et les responsabilités dans cette dramatique affaire. Il est probable que les raisons de l’accident sont en réalité multiples, à savoir les conditions météorologiques plus que défavorables, la présence de deux locomotives (l’une d’entre elles était simplement acheminée vers le dépôt) ainsi que des vices de construction du pont qui de plus n’avait pas été conçu à l’origine pour supporter un trafic qui s’était intensifié au fil du temps.
Un nouveau pont a été construit en septembre 1912.

Que manger dans la région ?

En visite dans le Saumurois, pensez à découvrir quelques spécialités régionales :

  • La poularde à l’angevine préparée en fricassée avec des champignons, des oignons grelots, des échalotes, du vin blanc et de la crème fraîche.
  • Le cul de veau à l’angevine, un quasi de veau rôtie et cuite ensuite en cocotte avec des carottes et des oignons, du vin blanc sec et du marc. La sauce est liée à la crème fraîche.
  • Les artichauts à l’angevine, des artichauts farcis à l’échine de porc et aux champignons cuits dans du vin blanc.

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