Bûche de Noël - ©la-fontaine CC0 Creative Commons

Découvrez l’origine de notre bûche de Noël

A la fin du repas de Noël, la bûche ajoute une petite note sucrée à un repas déjà abondant.
Glacée, au beurre ou à la crème fraîche, au chocolat, aux marrons, au spéculoos ou aux fruits, la bûche traditionnelle se décline désormais de 1001 façons.

Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir l’origine du dessert préféré des petits et grands enfants pendant la période des fêtes de fin d’année.

Un peu d’histoire

Il y a longtemps, bien avant la naissance de Jésus, les hommes ont coutume de célébrer le solstice d’hiver durant la nuit la pus longue de l’année. La fête de « Yul » est l’ancêtre de notre Noël.

A cette occasion, nos ancêtres choisissent déjà une belle bûche généralement de chêne ou d’arbre fruitier sur laquelle ils répandent un peu d’huile ou de vin avant de l’installer dans la cheminée de la maison.
Selon les régions, le père ou les fils de la famille la font flamber. La bûche se consume toute la nuit et même parfois pendant une douzaine de jours jusqu’à la fête des Rois.
Les cendres et tisons sont alors récoltés et servent à préserver le foyer et les récoltes du mauvais sort. Les cendres deviennent parfois un ingrédient incontournable pour la guérison de certaines maladies.
Cette tradition remonte probablement au 3ème millénaire avant notre ère. A l’époque, elle permet aux hommes de se protéger contre les famines ou les inondations mais aussi contre la nuit qui les enveloppe durant la mauvaise saison. Il ne faut pas oublier que les ténèbres effraient les hommes et que bon nombre d’histoires font référence à des êtres maléfiques qui règnent pendant la nuit.

Lorsque le pape Libère choisit de faire coïncider la naissance de Jésus avec le solstice d’hiver en 354, cette tradition est petit à petit « récupérée » par les Chrétiens. Il est alors d’usage d’allumer une bûche la veille du 25 décembre, date choisie arbitrairement pour fêter la venue au monde de l’enfant Jésus.

Bien entendu, il existe des variantes à cette habitude selon les régions et les époques.
La grosse bûche est parfois remplacée par de plus petites … chaque membre de la famille est alors représenté par sa propre bûchette.
Il est parfois coutume d’allumer la nouvelle bûche à l’aide des restes de la précédente soigneusement conservés durant toute l’année.

En Provence, la cérémonie s’appelle « bouta cacho fio » ce qui signifie « bouter le feu à la bûche ». Le plus jeune et le plus vieux membre de la famille portent ensemble la bûche dans la cheminée. Elle est choisie avec soin car elle doit brûler pendant trois jours et trois nuits. Une fois, la bûche déposée, les porteurs doivent faire par trois fois le tour de la table habillée de trois nappes blanches.

Le plus jeune verse ensuite du vin cuit sur la bûche tandis que l’ancêtre prononce les paroles traditionnelles en provençal :

Cacho fio
bouto fio
Alègre, alègre
Dieu nous alègre
Calendo vèn, tout bèn vèn
Dièu nous fague la gràci de veire l’an que vèn
E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens

ce qui signifie : « Bûche de Noël donne le feu. Réjouissons-nous Dieu nous donne la joie. Noël vient, tout va bien. Dieu nous fasse la grâce de voir l’an qui vient. Et si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins ».

Ce rituel accompli, il est temps de servir le « Gros souper », le repas traditionnel provençal pris en famille avant de se rendre à la messe de minuit.

Dans d’autres régions, la bûche doit faire des étincelles et si celles-ci sont nombreuses et hautes, les récoltes seront bonnes. C’est pour cette raison que le bois d’arbres fruitiers est souvent préféré au chêne qui brûle plus longtemps mais ne produit que peu d’étincelles.
Enfin, la bûche peut être décorée de rubans multicolores avant d’être placée dans la cheminée.
Et si la bûche est parfois bénie … il s’agit plus d’une évolution de la cérémonie traditionnelle en l’honneur du feu qu’un d’un véritable symbole religieux.

Enfin, dans de nombreux endroits de France, les enfants devaient prier pendant la mise au feu de la bûche … afin de recevoir quelques présents. Pendant cette prière, les parents déposent confiseries et petits cadeaux près de la cheminée pour le plus grand bonheur des petits. N’oublions pas que la plupart d’entre eux n’ont que très rarement l’occasion de manger des friandises ou de recevoir des jouets. Ces présents pourtant bien humbles sont dès lors bien mieux appréciés dans les familles les plus pauvres.

De plus, la belle flambée réchauffe les membres de la famille qui écoutent les plus âgés raconter les légendes de Noël avant de se rendre tous ensemble à la messe de Minuit, par tous les temps.

Quel que soit son nom local, tréfeu, souque, suche, cosse ou encore galenche de Noë ou kef nedeleck …. la tradition est quasi la même dans l’ensemble des régions de France et dans une grande partie de l’Europe.

De la cheminée à la table

La tradition de la bûche flambant allègrement dans nos cheminées disparaît peu à peu lorsque de nouveaux appareils de chauffage remplacent les feux ouverts.
Les grandes cheminées autour desquelles se réunissait la famille se font rares et il faut alors modifier les coutumes.
Dans un premier temps, une bûche de taille réduite et décorée de lierre, de houx et de quelques bougies est disposée comme décoration sur les tables.
Elle est parfois évidée et remplie de quelques sucreries …. on n’est pas loin du dessert actuel.

Il faut cependant attendre le 19ème siècle pour que le célèbre gâteau de Noël fasse son entrée dans le monde traditionnelle et magique des fêtes de fin d’année. Il faut même attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que le gâteau roulé en forme de bûche se démocratise et apparaisse sur toutes les tables.

Qui est donc le créateur de notre bûche de Noël ?

Les avis divergent…. elle serait, pour les uns, l’œuvre d’un chocolatier de Paris et pour d’autres la création d’un pâtissier originaire de Lyon ou du Poitou-Charentes.
Bien entendu, d’autres pays revendiquent la paternité du gâteau de réveillon mais il s’agit plus d’un gâteau « généreux » en ingrédients comme le christollen allemand ou encore le christmas pudding britannique préparé plusieurs semaines avant Noël et cuit à la vapeur. On raconte que ce gâteau peut, lorsqu’il est bien réalisé, se conserver pendant toute l’année !!

Quoiqu’il en soit, pendant plusieurs décennies, la bûche de Noël française se présente toujours sous la forme d’un biscuit génoise généreusement tartiné de crème au beurre au chocolat ou au moka et roulé sur lui même. Le rouleau est ensuite recouvert d’une couche de crème au beurre striée à la fourchette pour lui donner l’aspect du bois. Il suffit ensuite de donner lire cours à son imagination pour la décorer.
Champignons, petits sapins, figurines, lutins en massepain… ou en plastique…., copeaux de chocolat, bougies, feuilles de houx … chaque pâtissier apporte sa touche personnelle à son « œuvre ».

Bien entendu, les bûches ont évolué au même rythme que la pâtisserie et il en existe aujourd’hui une multitude de variétés. A l’heure actuelle, les décorations un peu « kitsch », il faut bien l’avouer, laissent souvent place à une plus grande sobriété… une délicate feuille d’or, un glaçage immaculé, une légère marbrure …. offrent du raffinement au dessert festif.

De même, les pâtissiers proposent désormais des bûches glacées souvent appréciées après un copieux repas et la crème fraîche ou la mousse de fruits supplante souvent une crème au beurre un peu lourde.

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