Crowdfunding, réunion de travail - ©Free-Photos CC0 Creative Commons

Crowdfunding et collectivités : exemples de succès en France

Épargnants solidaires, microcrédits ou simples dons : l’économie de proximité et les dispositifs de finance participative rencontrent un franc succès en France. Selon l’association Financement Participatif France, la finance participative aurait permis en 2017 de soutenir 24 000 projets et de récolter 330 millions d’euros. L’État s’y intéresse de près et a publié dès 2016 un guide du financement participatif pour le développement des territoires. Conscientes du phénomène, les collectivités sont également entrées dans la danse avec l’objectif de financer des projets communautaires en région et de contribuer à renvoyer une image positive de leur territoire. Certaines octroient ainsi des prêts à des taux avantageux, d’autres font la promotion des projets locaux sur des plateformes de crowdfunding généralistes comme Ulule ou KissKissBankBank. Petit tour d’horizon des acteurs locaux qui se sont lancés avec succès dans l’aventure de la finance participative en France.

« Up’Ulule » en Auvergne

On dirait que l’Auvergne bâtit son Nouveau Monde… grâce au crowdfunding ! Le Conseil Régional d’Auvergne a été l’une des premières collectivités territoriales à se lancer dans le financement participatif avec deux campagnes « Et pour preuves », et ce dès 2012. Elles ont permis de soutenir une cinquantaine de projets portés par des Auvergnats. Projet d’habitat groupé, lancement de livres, ouverture de refuge de montagne ou construction d’une centrale solaire photovoltaïque… les projets sont très variés mais ont tous un point commun : la valorisation du patrimoine ou de l’identité auvergnate. Fort de ce succès, c’est via la marque « Auvergne » que l’aventure se poursuit aujourd’hui, toujours sur Ulule. Une campagne baptisée « Up’Ulule – #Auvergne #Demain Le Manifeste » a vu le jour en 2017 et a contribué à financer 75 nouveaux projets. Mais la marque Auvergne est toujours à l’écoute de nouveaux projets à financer.

« Prêt de chez moi » en Rhône-Alpes

La région Rhône-Alpes a également lancé en 2013 sa première plateforme de finance participative. Par cette initiative, elle a eu l’ambition de financer des « projets locaux à caractère social, culturel ou environnemental, portés par des associations, des coopératives, des TPE ou des PME, et nécessitant un financement entre 3 000 et 15 000 € ». Elle offre aux porteurs de projets un prêt entre 3 000 et 15 000 euros, d’une durée de 2 à 5 ans à un taux favorable, en utilisant l’épargne des Rhône-Alpins qui souhaitent soutenir leur économie locale. Une excellente façon de s’impliquer dans le développement de leur région ! Fermée en 2017, cette plateforme a tout de même permis de financer 15 projets grâce à une levée de fonds totale de 223 125 €.

« Kocoriko » et « Incit’Financement » en Auvergne-Rhône-Alpes

Si la région Rhône-Alpes a mis un terme au programme « Prêt de chez moi », ce n’est certainement pas pour abandonner le crowdfunding. Preuve en est, la nouvelle région Rhône-Alpes–Auvergne a lancé dès la fin de l’année 2015 la plateforme de financement participatif « Kocoriko ». Basée sur le modèle du don avec contrepartie, elle vise à aider au financement de projets à vocation culturelle, économique, sociale ou environnementale qui contribuent au rayonnement et au développement du sillon alpin. Créée en partenariat avec la Banque Populaire des Alpes, cette dernière s’engage à financer à hauteur de 1500 € tout projet conduit par une structure d’intérêt général.

En parallèle, la région Rhône-Alpes–Auvergne a lancé la plateforme Incit’Financement qui vise à aider les entreprises régionales (start-up et PME en croissance) à lever les fonds nécessaires à leur développement (de 100 000 € à 1 000 000 €). Basée sur le modèle de l’investissement en actions, cette plateforme doit doper l’investissement citoyen en faveur du tissu économique régional.
Pour en savoir plus : https://www.kocoriko.frhttps://www.incit-financement.fr

La Novosphère aux côtés des entrepreneurs à Rennes

À Rennes, la Novosphère est « la sphère de ceux qui participent à l’innovation ». Elle fonctionne comme un réseau social et permet aux porteurs de projets de rentrer en contact avec les professionnels qui pourront les aider dans la réalisation de leur idée. Une fois leurs projets labellisés, ils bénéficient d’un financement mais aussi d’un accompagnement complet de la Novosphère : aide à la conception et à la communication, mise à disposition d’espaces d’affichage et accès aux différents médias. Le tout permet bien sûr de financer des projets innovants mais profite évidemment à l’attractivité du territoire rennais. Après avoir contribué à dynamiser le secteur de la tech sur Rennes, la Novosphère a été dissoute pour se fondre dans le mouvement French Tech Rennes.

L’« Accélérateur d’Initiatives Jeunes » en Bretagne

Depuis 2015, la région Bretagne accompagne les jeunes bretons âgés de 18 à 29 ans dans la réalisation de leur projet dès lors qu’il participe au dynamisme du territoire. Baptisé «Accélérateur d’Initiatives Jeunes », ce programme mis en place dans le cadre d’un partenariat avec les deux plateformes de crowdfunding bretonnes Gwenneg et Kengo a contribué au financement d’une trentaine de projets à ce jour. Persuadée que les jeunes sont les mieux placés pour promouvoir la Bretagne en faisant preuve de créativité, la Région s’engage à financer à hauteur des 30 % restants (dans la limite de 4000 €) les projets qui auront été préalablement financés à 70 % par les internautes. Une initiative à saluer !

« J’adopte un projet » en Nouvelle Aquitaine

Initiée par la région Nouvelle-Aquitaine, la plateforme de financement participatif « J’adopte un projet » accompagne depuis 2014 les porteurs de projet à fort impact social au niveau régional. Ayant déjà permis à plus de 150 projets de voir le jour avec un financement moyen de 3200 €, cette plateforme repose sur le modèle du don avec contrepartie. Elle offre, qui plus est, une vraie valeur ajoutée aux porteurs de projet puisque ceux qui sont retenus peuvent compter sur un accompagnement afin de consolider ce qu’ils désirent réaliser. Ont ainsi vu le jour un espace aventure en salle accessible à tous types de handicaps, une épicerie vrac zéro déchet, un chantier d’insertion pour aider les jeunes à trouver un premier emploi…

« Ozé contribuer » dans la Manche

Les régions ne sont pas les seules collectivités territoriales à lancer des plateformes de financement participatif. Preuve en est, dès 2015, le Conseil Départemental de la Manche a mis en ligne « Ozé contribuer », une plateforme censée permettre à tous d’insuffler une nouvelle dynamique et de s’impliquer davantage dans la vie locale. Après 3 ans d’existence, elle a permis de financer 41 projets dans la Manche et ce sont tout de même près de 180 000 € qui ont été collectés. Et ce n’est qu’un début puisque la plateforme a bénéficié d’un petit lifting en 2018 pour une meilleure mise en valeur encore des projets contribuant au dynamisme de ce département normand.

Notez bien qu’il s’agit là d’une liste non exhaustive, les régions, départements et municipalités ayant bien assimilé que le crowdfunding faisait désormais partie intégrante des moyens de financement sur lesquels ils peuvent s’appuyer pour dynamiser leur territoire.

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