Fête de Saint Nicolas - ©olliebrands0 CC0 Creative Commons

Saint-Nicolas, patron des écoliers

Dans de nombreux pays européens, les enfants attendent avec impatience l’arrivée de Saint-Nicolas qui, dans la nuit du 5 au 6 décembre, distribue friandises et cadeaux pour les récompenser de leur comportement durant l’année écoulée.
Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir la véritable histoire de Saint-Nicolas, la légende et les traditions qui entourent la fête du « grand saint ».

Un peu d’histoire

Contrairement au Père Noël qui est un personnage imaginaire, Saint-Nicolas a bel et bien existé.
En effet, l’évêque Nicolas de Myre a vécu en Lycie, une région montagneuse située dans l’actuelle Turquie.
Ancien peuple de pirates, les Lyciens ont longtemps gardé leur indépendance et profité d’une certaine opulence. Vers la fin du 1er millénaire avant JC, ils établissent de nombreux contacts avec les Grecs qui influencent énormément leur culture. C’est ainsi que les Lyciens adoptent l’alphabet grec ainsi que bon nombre de leurs divinités.
Sous le règne de Claude, au milieu du 1er siècle de notre ère, la Lycie est intégrée à la province romaine de Pamphylie regroupant différentes populations d’origine anatolienne. Le paysage culturelle de la contrée se modifie et les bâtiments traditionnels comme les forums ou les amphithéâtres s’installent dans les cités lyciennes.

Au 4ème siècle, le christianisme s’impose comme religion officielle de l’Empire romain. A cette époque, l’Église est déjà bien installée au Moyen-Orient et compte de nombreux évêques.

La vie de Nicolas de Myre

C’est dans ce contexte que Nicolas voit le jour au sein d’une famille aisée, probablement à Patare, une importante cité portuaire de Lycie, vers 270. Né de parents chrétiens, il est baptisé et reçoit une instruction religieuse de la part de son oncle qui est évêque de Myre.
Lorsque ses parents décèdent de la peste, il est ordonné prêtre et devient abbé du monastère de la Sainte-Sion.
En l’an 300, à la mort de son oncle, il devient à son tour évêque de Myre.

La véritable histoire de Nicolas de Myre est peu connue. On sait cependant qu’il s’est vivement opposé au polythéisme païen et qu’il a distribué la fortune héritée de ses parents aux plus démunis.
Sous l’empereur Dioclétien, au début du 4ème siècle, la persécution des Chrétiens reprend de plus belle après une période de tolérance. Nicolas de Myre est emprisonné et torturé. Il doit sa libération aux changements apportés par Constantin 1er. L’Édit de Milan de 313 établit en effet la liberté de culte dans l’empire.

Nicolas lutte également contre le courant de l’arianisme et participe vraisemblablement au premier concile de Nicée qui réunit les évêques de l’Empire en 325.

A la fin de sa vie, Nicolas de Myre se retire au monastère de la Sainte-Sion où il décède le 6 décembre 343.
En 1087, son corps est transféré à Bari, en Italie.

Les légendes de Saint-Nicolas

Si la vie de l’évêque de Myre est en grande partie méconnue, les légendes qui l’entourent sont nombreuses.

  • Le premier miracle de Saint-Nicolas a lieu le jour même de son baptême, alors qu’il n’est encore qu’un bébé. On raconte qu’il se tient debout pour être purifié. Par la suite, il refuse de téter les mercredis et vendredis, jours de jeun.
    Dans son ouvrage « La Légende dorée », Jacques de Voragine raconte, vers 1260, que Nicolas a doté les filles de son voisins afin qu’elles puissent prendre époux :

Un de ses voisins avait trois filles vierges, et que son indigence, malgré sa noblesse, força à prostituer, afin que ce commerce infâme lui procurât de quoi vivre. Dès que le saint eut découvert de crime, il l’eût en horreur, mit dans un linge une somme d’or qu’il jeta, en cachette, la nuit par une fenêtre dans la maison du voisin et se retira.
Cet homme à son lever trouva cet or, remercia Dieu et maria son aînée.
Quelques temps après, ce serviteur de Dieu en fit encore autant (…) Peu de jours après, Nicolas doubla la somme d’or et la jeta chez son voisin.
Le bruit fait lever celui-ci (…) et en courant le plus vite possible, il reconnut Nicolas (…).

  • Alors que les habitants de Myre meurent de faim, Nicolas demande à des marins venus s’abriter de la tempête de leur donner du grain. En échange, il leur promet une traversée sans dommage. De retour à Constantinople, les marins s’aperçoivent que la quantité de blé n’a pas été modifiée malgré leur don.
  • Nicolas vient au secours de marins pris dans une tempête au large de la Lycie. Il apparaît sur le pont du bateau et les conduit en lieu sûr avant de disparaître.
  • Après le décès de Nicolas de Myre, sa dépouille est disposée dans une sépulture en marbre. La rumeur veut que de l’huile s’écoule de son corps. Cette manne est dotée de pouvoirs de guérison.
  • Bien après son décès, Saint-Nicolas apparaît à plusieurs reprises notamment à Sainte-Brigitte de Suède durant un pèlerinage à Bari ou à Bernard d’Aoste. Des sauvetages attribués à Saint-Nicolas, notamment lors de tempêtes, sont mentionnés régulièrement durant une grande partie du Moyen-Âge. Il aurait ainsi permis au roi de France Louis IX et son épouse Marguerite de Provence de revenir sain et sauf de la croisade. En remerciement, la reine offre une nef d’argent qui constitue le premier don fait au trésor de la Basilique Saint-Nicolas de Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle)

Les enfants sauvés du saloir

La légende de Saint-Nicolas la plus connue est certainement celle qui raconte comment le patron des écoliers a sauvé trois enfants des mains d’un boucher. L’histoire raconte que le boucher aurait capturé, tué et découpé les corps de trois enfants et les aurait mis dans un saloir. Saint-Nicolas passant par là, aurait alors ressuscité les enfants. Cette légende est colportée à partir du 12ème siècle.
En réalité, il s’agit vraisemblablement d’une mauvaise interprétation des illustrations montrant Saint-Nicolas sauvant trois officiers injustement accusés de complot contre l’empereur Constantin 1er et condamnés à mort. Saint-Nicolas apparaît alors en songe à l’empereur et lui ordonne de libérer les prisonniers. Constantin 1er reconnaît l’innocence des officiers qui recouvrent la liberté. Ils se rendent ensuite à Myre afin de remettre des cadeaux et une missive demandant à l’évêque de pardonner les fautes de l’empereur.

Dans les illustrations de ces scènes, les officiers sont représentés plus petits que les autres personnages ce qui expliquerait qu’ils sont considérés comme des enfants ou des clergeons, c’est à dire des enfants de chœur ou de jeunes séminaristes. De plus, les officiers sont considérés comme innocents. Or, à cette époque, les enfants sont déjà les symboles de l’innocence.
Ces différentes considérations éclairent sous un jour nouveau la légende de Saint-Nicolas qui est à l’origine de la tradition de la distribution de cadeaux aux enfants sages … et moins sages.

Le culte

C’est dans l’empire romain d’Orient que le culte de Saint-Nicolas apparaît pour la première fois. Il est attesté dès le milieu du 6ème siècle, sous le règne de Justinien qui édifie une église consacrée à Saint-Nicolas à Constantinople.
Il occupe également une place privilégiée au sein de l’Église orthodoxe de Russie où il est fêté le 29 juillet, date de sa naissance et non le 6 décembre, date de sa mort.

Les premières mentions du culte à Saint-Nicolas en Italie datent du 8ème siècle et il faut attendre encore deux siècles avant qu’il n’en soit de même dans les états germaniques et plus particulièrement en Rhénanie.

En Lorraine

En France, la Saint-Nicolas est principalement fêtée dans les régions du Nord et de l’Est.
Selon la tradition, un chevalier du nom d’Albert de Varangéville aurait rapporté en Lorraine une relique volée à Bari, en 1098.
Au tout début du 13ème siècle, un ménestrel et auteur de chansons de geste originaire d’Arras, Jehan Bodel, écrit « Li Jus Saint Nicolai » (Jeu de Saint-Nicolas), un miracle joué notamment sur le parvis de l’église de Saint-Nicolas-de-Port, près de Nancy. Cette saynète raconte les péripéties de l’évêque de Myre obligeant des voleurs à rendre leur butin dérobé dans le palais.

Le jeu commence en ces termes :

Oiiés, oiiés, seigneurs et dames,
Que Diex vous soit garans as ames !
De vostre preu ne vous anuit ;
Nous volommes parler anuit
De saint Nicolai, le confès,
Qui tant biaus miracles a fais.

Quelques années plus tard, un autre chevalier lorrain, Cunon de Réchicourt, est fait prisonnier par les Sarrasins alors qu’il participe à la sixième croisade. Dans ses prières, il demande à Saint-Nicolas de venir à son secours…. et se réveille sur le parvis de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port.
Pour le remercier, le seigneur de Réchicourt organise un pèlerinage qui devient annuel dès 1245.

Saint-Nicolas est reconnu comme le saint patron de la Lorraine depuis 1477, après la victoire des Ducs de Lorraine contre les Ducs de Bourgogne qui occupaient la région.

De nos jours, une messe est célébrée dans la basilique de Saint-Nicolas-de-Port le samedi qui suit ou précède directement le 6 décembre. Elle est suivie d’une procession aux flambeaux autour de l’édifice.

Des cérémonies, offices et différentes animations sont organisés dans les autres villes lorraines, notamment à Metz et à Bar-le-Duc.

Les traditions

Dans le nord et dans l’est de la France comme en Belgique et au Pays-Bas, la Saint-Nicolas est la fête la plus attendue par les enfants. C’est en effet, le 6 décembre qu’ils reçoivent leurs cadeaux. La veille, au soir, ils déposent leurs pantoufles – qui ont remplacé les sabots d’autrefois – devant la cheminée ou sur le pas de la porte. Ils y glissent quelques biscuits pour leur grand saint ainsi que des carottes pour son âne.
Le lendemain, ces quelques offrandes sont remplacées par des friandises traditionnelles, spéculoos, oranges et mandarines, guimauve, …. et plus récemment par des jouets et autres cadeaux.

Mais la Saint-Nicolas ne se résume pas au passage du patron des écoliers dans la nuit du 5 au 6 décembre dans les foyers. Pendant les jours voire les semaines qui précèdent, Saint-Nicolas passe dans les écoles, les centres commerciaux ou les hôpitaux .. les enfants peuvent ainsi passer commande des jouets dont ils rêvent toute l’année.
Les communes organisent également des cortèges ou des soupers en son honneur.

Mais attention ….. Saint-Nicolas ne se déplace pas tout seul ! Il est accompagné de Père Fouettard également appelé Hans Trapp, Rubelz, Zwarte Piet ou Père La Pouque selon la région ou le pays. Ce personnage d’allure rébarbative est chargé de punir les enfants désobéissants de quelques coups de martinet ou d’un morceau de charbon qui remplace le cadeau tant attendu.

Mais quelle est donc l’origine de ce Père Fouettard redouté par les enfants qui n’ont pas été sages ?
Différentes versions sont proposées … elles diffèrent une fois encore de région en région.
C’est ainsi qu’en Lorraine, le père Fouettard symboliserait un mannequin, caricature de Charles-Quint, qui aurait été brûlé alors que l’empereur assiégeait la ville de Metz.
En Alsace, ce personnage d’allure sinistre et menaçante représenterait Hans von Trotha, un chevalier et maréchal des princes électeurs du Palatinat qui terrorisa la région au 15ème siècle.
En Belgique, Père Fouettard ou Zwarte Piet a le visage barbouillé de noir et porte des vêtements colorés.
Depuis quelques années, le rôle du méchant attribué à ce personnage noir de peau a créé une polémique aux Pays-Bas.
Serviteur noir, Maure, Diable ou charbonnier … les avis divergent et le « Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies » a été alerté par des personnes qui estiment que la tradition du Père Fouettard doit être considérée comme raciste et dégradante car elle assimile les personnes de couleur à des hommes mauvais.
Une enquête a été ouverte et de nombreux Néerlandais et Belges se mobilisent pour garder leur tradition. D’autre part, le « Centre pour l’égalité des chance et la lutte contre le racisme » belge estime qu’il n’y a « pas d’intentions, de propos ou d’actes racistes ».

Quoiqu’il en soit, n’oublions pas de fêter les enfants le 6 décembre. En récompense, ils entonneront la « Chanson de Saint-Nicolas » :

Ô grand Saint-Nicolas,
Patron des écoliers,
Apporte-moi des pommes
Dans mon petit panier.
Je serai toujours sage
Comme une petite image.
J’apprendrai mes leçons,
Pour avoir des bonbons.
Venez, venez, Saint-Nicolas
Venez, venez, Saint-Nicolas
Venez, venez, Saint-Nicolas
et tralala ….

Les fêtes de Saint-Nicolas à Nancy

Si vous cherchez une activité à faire en famille de la fin novembre au début janvier, c’est à Nancy qu’il faut aller !

Un grand défilé thématique est organisé entre la Place Carnot et la Place Stanislas et les participants rivalisent d’imagination pour créer de somptueux déguisements. Illuminations, musique, feux d’artifice distribution de friandises, arbre de Noël, village de Saint-Nicolas, … rien ne manque au programme pour faire passer des moments féeriques aux petits et grands enfants.

Le village de Saint-Nicolas

Le village de Saint-Nicolas se tient traditionnellement sur la Place Charles III pendant tout le mois de décembre. Les visiteurs peuvent visiter une soixantaine de stands proposant des idées cadeaux, des produits de terroir, du vin chaud et du pain d’épices.

Infos et réservations :

Les vitrines de Nancy
10 rue Victor Poirel
54000 Nancy
Tel : 03 83 36 34 34
Site web : http://www.nancy-tourisme.fr/sortir/grands-evenements/le-marche-de-saint-nicolas/

La légende de Saint-Nicolas

Un mini-spectacle racontant la légende de Saint-Nicolas est projeté chaque soir sur la façade de l’hôtel de ville, Place Stanislas.

Les festivités de Saint-Nicolas-de-Port

Les festivités de Saint-Nicolas-de-Port comprennent le Marché de Saint-Nicolas proposant une trentaine d’échoppes d’artisanats et de produits de bouche, la procession des enfants, le défilé des chars ainsi que l’office et le cortège aux flambeaux autour de la basilique, une tradition de plus de 770 années.

Infos :

Mairie de Saint-Nicolas-de-Port
Tel : 03 83 48 15 15
Web : https://www.communes.com/ville-saint-nicolas-de-port

La visite de Nancy

Durant votre séjour à Nancy, vous découvrirez également quelques merveilles incontournables de la ville lorraine :

  • Les places Stanislas, d’Alliance et de la Carrière reprises depuis 1983 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces trois places ont été édifiées par le roi de Pologne, Duc de Lorraine et de Bar et beau-père du roi de France Louis XV, Stanislas 1er, afin de relier le centre historique de la ville aux nouveaux quartiers, au 18ème siècle.
  • La Tour de la Commanderie Saint-Jean-du-Vieil-Aître, le plus ancien monument encore debout de Nancy. Cette commanderie a été édifiée en 1140 sur ordre du duc Mathieu 1er de Lorraine.
  • La Ville-Vieille autrefois entourée de fortifications dont on peut encore apercevoir quelques secteurs, notamment la Porte de la Craffe érigée au 14ème siècle. Cette porte donne accès à la Grande-Rue bordée par le Palais des Ducs de Lorraine construit en style Renaissance au début du 16ème siècle et par l’Église des Cordeliers qui abrite les tombeaux des Ducs de Lorraine et des Comtes de Vaudémont.
  • La basilique néo-gothique Saint-Epvre construite dans la seconde moitié du 19ème siècle sur l’emplacement de l’ancienne église paroissiale.

Que manger à la Saint-Nicolas ?

Quelques gourmandises sont indissociables de la saint-Nicolas :

  • Le pain d’épices, une préparation à base de miel, de farine et de différentes plantes aromatiques et épices. Ce pain d’origine très ancienne puisque les Grecs et les Égyptiens le préparaient déjà durant l’Antiquité, est consommé à Noël depuis le Moyen-Âge.
  • Le spéculoos, biscuit à la cassonade et à la cannelle est fabriqué dans des moules en forme de Saint-Nicolas durant les fêtes de Noël. Il est distribué aux enfants en Belgique, aux Pays-Bas, dans quelques régions allemandes ainsi que dans le nord de la France.
  • Le massepain appelé également marzipan ou pâte d’amandes est confectionné à base d’amandes, de sucre et de blanc d’œuf. Durant le temps de la Saint-Nicolas, il est distribué aux enfants belges et du nord de la France sous la forme de petits personnages, souvent des petits cochons roses, ou de pommes de terre lorsqu’il est roulé dans le cacao.
  • La guimauve, une confiserie réalisée autrefois à base de guimauve officinale. Plus dure que le « chamallow », elle est vendue en Belgique et dans le nord de la France à l’approche de la Saint-Nicolas. A cette occasion, elle est réalisée en différentes formes, père Noël, Saint-Nicolas, sabots, feuilles de houx, cloches ….

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