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Mison
Commune Mison
04200 Alpes-de-Haute-Provence, Provence-Alpes-Côte d'Azur
Les habitants de la commune de Mison sont des "Misonnais, Misonnaises"
MISON
Mison, possédait un château fort, fièrement posé sur un bloc énorme de poudingue. Ce rocher est circulaire, très haut et taillé à pic, sauf vers le nord, où une pente abrupte permet d’arriver sur la plate-forme. On dirait un immense coulis de béton que le temps a noirci et rendu semblable à une muraille déchiquetée. Cette forteresse commande la vallée du Buëch, sur un parcours considérable. A ses pieds, et couvert de son ombre, est le village. Vue de loin, cette masse naturelle, encore entourée de quelques pans de murs, est vraiment grandiose et saisissante.
Dans les cours des siècles, cette féodale demeure appartint à divers maîtres qui ne l’ont jamais habité ou seulement habité en passant. Elle était, en 1030, aux vicomtes de Gap, en 1263, à Béatrix et à Galburge, l’une fille, et l’autre femme de Bertrand de Mévolhon seigneur de Barret. Elle a appartenue aussi à
Charles 1er. Comte de Provence, à la riche famille de Baux, à la reine Jeanne, qui le céda, en 1378, à la maison d’Agoult pour le prix de 4000 florins d’or.
Vendue de nouveau à la famille d’Armand, cette terre, qui n’était point titrée, fut érigée en marquisat, en 1694, en faveur de Charles d’Armand.
Les d’Arbaud-Jouques possédaient cette seigneurie en 1789.
Les ruines de ce château ont longtemps appartenues au comte de Vitrolles, et appartiennent aujourd’hui à la marie de Mison.
Une charte du 25 janvier 1360, conservée dans la commune de Vitrolles, prouve que les habitants de Mison, pendant les atroces guerres du XIV siècle, voulant pourvoir à leur sûreté, obtinrent de leur seigneur François de Baux, l’autorisation de prendre dans ses forêts, et notamment dans celle « Domenge » qui n’existe plus actuellement tous les bois nécessaires pour se fermer et se fortifier. Il leur fut aussi accordé tout le bois qui leur serait nécessaire pour réparer leurs habitations qui auraient souffert des suites de la guerre.
Cette forteresse fut démolie pendant notre grande révolution par les descendants de ceux qu’elle avait protégés contre les grandes compagnies, et défendu contre tous les aventuriers armés, qui, à cette époque troublée, rançonnaient les villages, pillaient et incendiaient les fermes et portaient partout le ravage, l’épouvante et la mort.
La tradition locale veut que les habitants de Mison, avant de livrer aux flammes leur forteresse, se soient partagés entre eux le mobilier qu’elle renfermait. Quand l’incendie eut opéré son œuvre de destruction, la pioche du démolisseur fit le reste. Les pierres et les débris furent roulés dans le Buëch.
Ces actes odieux de vandalisme sont le fruit des passions politiques de cette terrible époque. Les uns étaient racolés par la terreur, les autres grisés par je ne sais quelle grossière séduction. Tous, enivrés par les plus belles et les plus séduisantes utopies. Tout cela ne semble t-il pas former comme une espèce d’excuse.
Une de ces mille vicissitudes des choses d’ici-bas, les armoiries, gravées avec soin sur marbre noir, qui surmontaient l’entrée principale du château, décorent aujourd’hui le dessus de la porte d’une modeste maison. Le propriétaire est tout fier de les posséder, et ne s’en dessaisirait que difficilement.
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